Still life

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Paradoxe

Quelle étrange chose que la langue, les langues plutôt ; au milieu du 17e, apparaît en Flandre le terme stilleven pour ce qui est de la représentation des pièces de fruits, fleurs, poissons, chose que les Allemands vont adapter en Stilleben puis les Anglais en still life, une expression qui peut se traduire simplement par encore en vie mais que les linguistes préfèrent traduire par vie immobile. Les Français de l’époque, bien loin de l’écologie d’aujourd’hui qui subodore une vie propre aux légumes, adopteront pour leur part le terme de nature morte.

 

Pour le titre de ce chapitre, nous avons retenu still life, pas tant par snobisme que pour s’autoriser le paragraphe précédent qui nous donne l’occasion de s’arrêter une seconde sur ce paradoxe entre langues française et anglo-saxonne, l’une voyant dans ces objets inanimés, chers à Lamartine, une chose morte, l’autre une chose vivante. De là à dire que les Français sont pessimistes alors que les Anglais optimistes, il y a là un pas que nous nous garderons prudemment de franchir.

 

JPL

 

 

Cocktail explosif

cocktail-explosif-1Cette nature morte est un tableau de jeunesse au sens où ce fut un de mes tous premiers exercices en 2014. Il représente – ou est censé représenter – un potiron, deux poivrons, deux oranges, le tout posés sur un de ces plats à motif dont les potiers dieulefitois ont le secret.

 

Une fois achevé cet ensemble se voulant naturaliste, Nadine Nacinovic m’a demandé de faire la même chose mais stylisé.

 

Stylisé… Bien que voyant où elle voulait en venir, j’avoue que, sur le coup, avec le déficit de technique picturale qui était le mien à ce moment là, la réponse à apporter ne me semblait pas évidente. Styliser, soit simplifier, épurer les lignes, c’est facile quand tu as le coup de main, dans mon cas, je partais de loin… Mais il fallait bien pour autant arriver quelque part.

 

Et cela a donné le second tableau, soit les mêmes objets mais qui, de nature morte au départ, gagnent étrangement une vie dans cette stylisation.

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En effet, un poivron devient araignée, l’autre s’aplatit un œil cyclopéen, le potiron se transforme en bombe, tandis que le plat, sans doute décontenancé par les mutations qu’il sent au-dessus de lui, en perd ses motifs, le fait que les oranges restent bêtement des oranges ne l’ayant visiblement pas rassuré.

 

 

Orsay-Ikea même combat

Orsay-ikeaNous ouvrons ici la thématique Chaises. Ce jour là, on dut choisir notre chaise parmi l’éventail proposé. J’ai opté pour une chaise rustique et, vas-y, débrouille toi Jeannot.

 

La porte-fenêtre existe dans l’atelier de peinture, en revanche tout le reste est meublé en improvisation, en l’occurrence le collage d’une – vraie – photo sur le mur (signée Jean-Luc Bouchart), le canapé qui est tout simplement celui de mon salon, le parquet avec lequel je me contraint à un exercice de perspective, et enfin le tapis qui, pour la petite histoire, est peint sur un cataplasme d’argile, tel ceux que l’on trouve dans toutes les bonnes pharmacies.

 

Si j’étais critique d’art, je dirais que ce tableau est au final un composite entre musée impressionniste et Ikea : en effet, vous avez la chaise de Van Gogh au mitan, le parquet de Caillebote en-dessous et un canapé de catalogue dans le coin. En somme, je n’invente rien, je ne fais que reproduire.

 

 

Brueghel La Jeune

brueghel-la-jeuneJ’aime bien cette chaise, peut-être parce qu’elle est mal foutue. Jean-Pierre avec son œil plus cartésien qu’américain dit que la perspective est ratée. Il me demande au passage : « C’est quoi l’espèce d’étagère à CD derrière ? » (Jean-Pierre est un poète.)

– C’est pas une étagère, c’est une échelle de meunier.

– Ah… pour un meunier nain alors, façon Brueghel. C’est bien ce que je dis, y a un problème de pers’. »

C’est dur de discuter avec des poètes.

 

 

 

 

 

Bon appétit

bon-appetitIci, on a affaire à un composite peinture-collage : fenêtre et chaise sont peints, le plateau et ses assiettes sont réels, collés. C’est ce qu’on appelle une recherche.

 

Le cartésien Jean-Pierre a aussi du mal avec la recherche : « On est pas couché pour déjeuner à cette table, ou alors si, faut se coucher pour y déjeuner. »

 

Pour défendre ma recherche, je dirais que j’ai marié ici trois plans impossibles : la fenêtre est en deux dimensions, la chaise est en vue cavalière, le plateau et ses assiettes en plongée totale.

 

Le chercheur ne doit pas se laisser démonter par le plébéien rationaliste.

 

 

Stabile stable

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Quand on arrive ce jour là dans l’atelier, on croit que Nadine Nacinovic est en train de faire le ménage. Pas du tout, c’est l’exercice du jour.

 

Pas facile le travail car tu perds tes références dans cet amalgame et tu finis par loucher ce qui ne facilite guère le rendu des volumes.stabile-photo

 

A noter que ce stabile, tenant d’une expo d’art contemporain, a tenu toute la journée sans s’écrouler par terre, chose que tous les présents souffrant à la tâche devaient secrètement espérer.

 

 

 

 

Les Cordeuses

les-cordeusesAprès la période Chaises, nous avons eu la période Chaussures.

 

Consigne était donnée à chacun d’apporter des croquenots, qui les siens, qui ceux de son mari ou du père, du grand-père etc. Rendus à l’atelier, on rassemble tout ça, chacun choisit chaussure à son pied, si je puis dire, et roule ma poule.

 

Moi, je l’ai joué sage, et bleu, avec ces espadrilles ressortant de la collection personnelle de Nadine Nacinovic. Elles pendent sur le mur de l’atelier, c’est leur ombre portée qui aident à les en détacher et les remettent en volume.

 

Le titre Les Cordeuses fait référence à une œuvre à gros succès populaire…

 

Le Père Noël est une ordure, Théâtre de la Gaîté-Montparnasse, 1981.

 

Les sandales de Josette

les-sandales-de-josetteSous les sandales, la plage. Comme la mer ne vient pas encore jusqu’à la Drôme (il semblerait qu’à terme ce soit le cas), c’est mes sandales qui y sont allées.

 

 

 

 

 

 

 

Les Chaussures de l’homme

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Le titre aurait pu être Lassitude en sanguine mais autant faire simple. On ressent néanmoins une certaine mélancolie dans l’usure. N’est-ce pas ?

 

chaussures-homme

 

 

 

 

 

 

Camper compensées

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Sans faire aucunement dans le placement de produit, les initiéEs auront reconnu au titre du tableau une marque célèbre que, personnellement, j’affectionne, sans être fétichiste le moins du monde avec les chaussures (« Encore que… » dira Jean-Pierre).

 

Elles sont rigolottes mes chaussures – on aura compris qu’elles sortent de ma collection privée – car, vues de face, strictes, montantes, bref, pas très glamour, on dirait des godillots de bonne sœur. Sauf que de profil, haut talon compensé, liseré jaune en base pour les décoller du sol, c’est bien plus sexy et ça te fait une belle jambe.

 

Reconnaissons que le talon compensé n’apporte toutefois pas la souplesse du talon aiguille car ça raidit la démarche, façon sabots. Bon, on parlait là entre filles. Pour en revenir à la peinture, j’ai, il me semble, bien réussi les volumes, les reflets, la profondeur, y compris celle de ma table basse de salon.

 

 

Boîtes sixtines

pinceaux-sixtainsDeux boîtes en fer blanc, c’est un tableau a priori prosaïque mais attention, l’exercice est aussi périlleux que le plafond de la Chapelle Sixtine, surtout si l’on en réfère au célèbre adage Tout est dans tout et réciproquement, d’Alfred Capus, qu’on ne doit pas confondre avec Alfred Camus, qui ne s’appelait pas Alfred.

 

Ici, en effet, il y a toute la difficulté de la bonne forme, de la juste proportion, des bonnes teintes, quasi monochromes d’ailleurs hors la touche rouge du pinceau, donc toute la difficulté de rendre en peinture ce que l’on voit au réel, et nous revenons en cela à la nécessaire maîtrise du parcours regard-cerveau-main-pinceau.

 

boites-photo

 

Il m’arrive d’avoir d’authentiques problèmes de concentration, je peux être éparpillée façon puzzle, comme dit Alfred Blier dans les Tontons Flingueurs, donc devoir se concentrer sur tel objectif, même banal, m’impose une totale zénitude.

 

Je me dois en même temps de reconnaître que ce n’est pas la Chapelle Sixtine ; Alfred Michel-Ange Buonarroti, quand il descend de l’échafaudage pour voir son plafond, il peut-être ému car il voit Dieu ; moi, quand je me recule, je ne vois que deux boîtes de conserves… C’est un des malheurs de l’Alfred que je suis.

 

 

Nature pas morte

nature-pas-morteCeci est le tout premier tableau peint dans l’atelier de Robert Montaudouin, car je n’ai pas eu que Nadine Nacinovic en mentor.

 

L’ambition était de transposer un panier en peinture. Comme il flottait un peu dans le nulle part, ce panier, j’ai posé mon sac à main derrière. Miracle de la transposition, le sac est devenu un chien, un peu à tête de Rottweiler.

 

Rassurons les âmes sensibles, bien que le panier semble un peu reposer sur le ventre du chien, aucun animal n’a été blessé dans cette production, à preuve mon sac à main va bien, je suis juste obligée de le sortir régulièrement pour ses besoins.

 

 

Drapé post-Renaissance

drape-therapeutiqueUne autre toile faite sous l’égide de Robert Montaudouin.

 

Je suis assez satisfaite des fruits et de la profondeur des choses, notamment celle donnée à la théière ; côté plis du tissu, j’ai encore du travail pour atteindre les drapés Renaissance, mais je me soigne.

 

On peut retrouver nombre de pièces de Robert Montaudouin dans l’article d’Accro Terre qui lui est consacré : Accro Terre, Robert Montaudouin.

 

 

Le pot de lapin

le-pot-de-lapinAmbiance quelque peu asiatique pour cette composition sur fond de lune et fantôme de fenêtre.

 

J’avoue une certaine prédilection pour les demi-teintes, soit le non-vif, comme ici où l’on est dans le grège. Pour la petite histoire et sa technique, nous négocions avec notre pharmacien la récupération de ses grands cartons publicitaires, dits PLV. Ils sont marouflés de toile de lin fixée avec de la colle peau de lapin, pauvre bête, avant d’être enduits de gesso.

 

On ne le voit pas trop sur la photo, mais tout le bas de la toile est matièré par des bandes de gaze argileuse, issues de la même pharmacie, ce qui permet de donner du relief au béton sur lequel était posé le modèle.

 

Les PLV et les bandes d’argile ne pouvant faire l’objet d’ordonnances, rien n’est remboursé par la Sécurité sociale.

 

 

La pomme à fond

pomme-a-fond-2

Pour la séance du jour, chacun devait apporter un objet de son choix. Ma copine Josette avait amené une pomme, j’ai l’ai croquée.

 

Cela a donné cette tentative cataloguée de psychédélique par mes camarades. Sans doute car je fais ici rayonner la pomme, chacune de ses teintes explosant au cinq coins du tableau, ce qui est rare pour une toile n’en comportant que quatre. Autre avantage ici, forme et fond ne font qu’un vu qu’on a pas besoin de fond, le rayonnement de la pomme en faisant office.

 

 

Citrouille sans théière

citrouille-sans-theiereExercice sur le relief et la perspective. Le relief de la citrouille et la lumière au sol, on s’en sort ; côté perspective, ça le fait moins vu que la table est bancale et que je n’y poserais pas ma théière.

 

C’est un tableau que je devrais reprendre mais rien n’est moins sûr car je me suis tellement énervée sur ces fichus pieds filaires de table qu’y revenir me tombe d’avance du pinceau. Et comme je peux poser ma théière ailleurs…

 

 

 

 

 

 

Braque braque

braque-braquePour cette toile, le thème était au cubisme braque, ou à la Georges Braque si l’on préfère.

 

On y reconnaît, dans un composition cubiste qui n’est pour autant pas carrée, une balalaïka-poisson, une huitre, un aileron de requin, une raie, une boite de sardines sans sardines, un pupitre d’orchestre, le tabouret à ressorts de Nadine et la conjugaison au présent de J’aime le poisson, que l’on lira confortablement si l’on fait les pieds au mur.

 

 

Cartes postales

cartes-postalesAprès le fétichisme sur les chaussures, proprement féminin dit-on, on a aussi fait dans le fétichisme lingerie qui pour le coup apparaît plus universel, les dames pouvant y être aussi addictes que les messieurs.

 

Notre travail devait s’appliquer en format cartes postales mais j’ai choisi de ne pas les envoyer à ma famille pour plutôt les réunir en un ensemble.

 

On est un peu partie dans tous les sens mais, dans mon patchwork de petites culottes et de soutiens-gorge, on saura reconnaître un clin d’œil à ma copine Luce Vigo, fille du réalisateur de Zéro de Conduite, un masque africain, la tête de Peggy Guggenheim et des bouts du catalogue de l’Academia de Venise, deux souvenirs ramenés d’une escapade dans la ville du même nom.

 

 

Monnaies en chocolat

monnaie-en-chocolatNous avons ici une copie de la toile Monnaie du Pape du peintre David Chauvin, un aquarelliste doué d’une telle finesse et dextérité que s’en est démoralisant.

 

Monnaie du Pape par David Chauvin

Monnaie du Pape, David Chauvin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je crois toutefois m’en être relativement bien sortie, oeuvrant au passage pour une peinture alimentaire, sachant que les teintes marron sont réalisées par un saupoudrage de cacao.

Inutile de lécher la photo, ça ne marche qu’avec l’original.

 

 

Rez-de-marée

porte-nadine

Ceci est la porte de l’atelier de Nadine Nacinovic menant à un cellier où elle entrepose ce bazar dont les artistes ont souvent le secret.porte-nadine

 

Le sol de l’atelier étant dans un béton un peu froid, la mer est venue heureusement l’inonder, sans doute pour moi réminiscence d’un tableau de Dominique Appia, peintre genevois qui aimait à faire entrer l’océan dans les maisons, sans doute déçu de n’avoir que le Lac Léman à sa porte.

 

 

 

Carousel

Comme on ne peut pas tout commenter, et qu’il est par ailleurs temps que vous retourniez à vos occupations, le carousel ci-dessous vous présente d’autres toiles qui, pour la plupart, sont encore in process, comme on dit dans un Français branché. Mes amitiés et à suivre pour de nouvelles aventures !

 

Carotline

 

 

 

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