Portraits

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Le « Berthe Morisot » de Manet

Avant de retrouver Caroline parlant de son travail, un mot de Jean-Pierre :

 

Berthe-Caro« Cette copie de Berthe Morisot, de Manet, peinte par Caroline (2014), arrive en tout premier dans cette galerie virtuelle car ce tableau est en fait à la genèse des choses.

Un beau jour de 1984, alors que nous vivions ensemble depuis à peine quelques semaines, je vois Caroline attraper une feuille et, reproduction du Manet sous les yeux, fusain en main, me dessiner en trois coups de cuillère à pot une Berthe Morisot. Un peu scotché quand même par la qualité de la prestation, et l’aisance évidente, je lui demande si elle a pris des cours de dessin. « Non, me dit-elle mais j’aime bien ».

D’accord…

Moi, si on me demande de faire la Berthe, j’accouche, au mieux, de la tête à Toto avec une choucroute noire dessus. Caroline non, elle t’esquisse quelque chose frôlant le Manet. Point à la ligne.

A partir de ce jour, je savais que j’avais là, à mes côtés, une peintre en puissance. Ensuite, dans les trente ans qui ont suivis, prise par la vie, l’amour, la coiffure, comme disait Saint Coluche (qui oublie au passage les enfants dans son inventaire), elle n’eut guère le temps de s’adonner à ce qui n’était pour elle qu’un hobby. Mais je savais, moi, qu’une fois replié l’inventaire à la Coluche, une fois à la lumière de notre Drôme provençale, il serait temps, bien temps, de lui offrir une blouse blanche pour épargner ses pulls pure laine de l’acrylique pure peinture. Ce que je fis. Pour notre plus grand plaisir. Partagé.»

 

Le Manet du Musée d'Orsay

Le Manet du Musée d’Orsay

Caroline : Cette Berthe Morisot fut l’un de mes tous premiers tableaux, une toile où j’apprécie le contraste joué par Manet entre clair-obscur du visage et noir tranchant de la robe.

 

(Rappel : pour agrandir une image, cliquez dessus.)

 

 

Mes deux garçons

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Qu’est-ce qui vous accroche, vous inspire dans une photo ? Le cadre, la lumière, la grâce de l’instant… Tout y était ce jour là. Nous sommes en 2015, en terrasse d’une auberge, attablés avec mes deux garçons, il fait beau, état de grâce.

Hugo à gauche, Arthur à droite… Ils sont mignons, beaux, tous deux, avec leur sourire, leurs yeux qui pétillent.

Je trouve que cette toile est intéressante dans l’évolution de mon travail. J’accouche par exemple de bizarreries avec les bras, le corps, ce qui fait que les têtes sont parfois disproportionnées avec le buste, ou donne un bras malingre.

 

hugo-arthurHugo, ici, était plus facile car face objectif ; en revanche Arthur, corps de travers, épaule en avant, offrait un pose moins aisée à retranscrire. Cela touche aux difficultés de la perspective, et au rapport à l’espace, un de mes handicaps au volant d’une voiture. Je n’ai aucun sens de l’orientation, par exemple, et cela me poursuit parfois jusqu’au pinceau. Jean-Pierre, qui aime à positiver, dira que la sage exploitation de ses défauts amène à l’originalité. C’est ce type de sentence qui aide à accepter les étrangetés d’une toile, et qui vous permet d’arrêter d’y travailler sans cesse. Au final, j’aime bien cette toile, et puis ce sont mes enfants…

 

Déesse africaine

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Claire Doussot est une habituée de notre cours de peinture piloté par Nadine Nacinovic. Je l’aie affublée d’un chapeau peu courant, à dreadlocks, elle s’est laissée faire.

 

Ce chapeau est historiquement rentré dans Cinecitta, ma boutique, sur la tête d’une belle sénégalaise. J’ai immédiatement flashé. Le lendemain, la belle sénégalaise revenait pour m’offrir un chapeau identique. Pas évident toutefois à porter en ville, le couvre-chef, aussi a-t-il figuré longtemps, telle une œuvre chapelière, accroché au mur.

 

Ce jour là, en séance de pose dans l’atelier peinture, j’ai transformé Claire en déesse africaine. Figurent ici des zones de couleur, avec leurs aplats rouge, bleu, jaune, volontairement tranchés. Si l’on regarde attentivement, on remarquera que la partie jaune dessine un autre visage, comme si un nouveau personnage était en premier plan et observait Claire.

 

Comme dans d’autres toiles, on retrouve ici mes petits bras… En fait je dois être une peintre petits bras. C’est un genre.

 

Ousmane Sow

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Pour moi, Ousmane Sow est le Rodin africain, soit un des grands sculpteurs de notre époque, et pas uniquement par la taille (deux mètres de haut quand même). On se souviendra de son installation sur le Pont des Arts à Paris (1999) qui remporta un tel succès (3 millions de visiteurs…) que la police dut intervenir pour canaliser la foule. Cette expo du Pont des Arts était organisée par notre amie Béatrice Soulé, sa compagne. Ousmane, salué par ses pairs au point d’être élu académicien en 2013, nous a quitté en décembre 2016.

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A la suite de cette disparition, Béatrice a reçu des centaines de témoignages d’amitié, dont le nôtre bien sûr, à tel point qu’elle a choisi de répondre par un email de remerciement commun, accompagné des quelques photos du grand homme. Et très bel homme.

 

J’ai été tellement subjuguée par ces photos que, spontanément, je suis partie à en mettre une en peinture, en hommage, respectueux, au sculptural talent d’Ousmane.

 

 

Exposition Ousmane Sow Pont des Arts

Exposition Ousmane Sow Pont des Arts

Carotline

CarotlineAutoportrait peint à l’impulsion, en une heure chez ma copine Claire Gilson, je m’y suis rajeunie, embellie ; j’y ai quoi, trente ans ? Avec une seule narine bien que, au réel, je pense en avoir deux.

 

Au-delà de l’espièglerie du regard, renforcé par la mono-narine – espièglerie qui est un peu moi, j’avoue -, on y retrouve des couleurs que j’affectionne, soit les reflets rouge de ma tignasse rouquine (ce qui me vaut le surnom de Carotline donné par mes garçons), et les marrons, ocres ou terre de sienne.

 

 

 

 

Claire Doussot

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On retrouve ici Claire Doussot, découverte plus haut en déesse africaine.

 

Dans notre atelier peinture, je préfère travailler d’après photo car je peux être lente et, tout le monde étant là pour peindre, je ne vais pas bloquer une de mes copines dans une pose de deux heures.

 

Cette belle femme, aussi lumineuse que son prénom, est ici peinte hors cadre. Pourquoi me direz-vous ? Je vous répondrai que je ne sais pas. C’est en rapport, j’imagine, avec ma problématique sur les perspectives et la géométrie qui en ressort, sous-tendu par mes pulsions d’échapper au cadre, justement.

 

Claire-Doussot-photo

 

On retrouve aussi mon réflexe de prééminence de la tête sur le buste, avec cette ovalisation outrée du visage et ses immenses lunettes qui n’occultent toutefois pas le regard moqueur que Claire a sur la photo.

 

 

 

 

 

Le Dernier Mandrin

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Toute une histoire, que ce Dernier Mandrin, une histoire d’ailleurs relatée ici même par Jean-Pierre dans son webroman Otium (1976 – Novembre, Le Dernier Mandrin).

 

L’écrivain Maurice Frot, ami de Jean-Pierre, raconte un beau jour la vie d’un sacré mauvais-garçon, authentique pégriot de l’après-guerre, dans un livre intitulé Le Dernier Mandrin. Un pur génie du dessin et de la peinture, aujourd’hui disparu, j’ai nommé Moebius, signe la couverture du bouquin.

 

dernier-mandrin-couvSans doute fascinée par la pose emblématique – outre la perfection moebusienne – qu’a retenue l’artiste pour cette couv’, je m’aventure à la reprendre en tableau, l’adapte avec ce qui me vient sur le moment, à savoir non plus un mur où s’adosse le personnage mais une sorte de sustentation sur du vide sablonneux ouvrant sur un fond d’Arizona façon Joconde, replaçant donc ce pégriot du 20e siècle dans un décor western, cohérent finalement avec sa stature de cow-boy, hors la loi et hors du temps. Fleur à la boutonnière.

 

 

 

 

Claire Gilson

Claire-Gilson-toile

Quand on connaît un tant soit peu Claire Gilson, on se dit que ce tableau, en mouvement, lui convient assez bien. Quelle énergie, vitale, sensuelle, dans cette femme, clown inspiré, extravertie volubile ! A la prime jeunesse, avec un tel tempérament, Claire hésita entre comédie et beaux-arts. L’art de la scène, où son charisme eut fait des merveilles, elle le transmit à sa fille, Elise Marie, aujourd’hui comédienne. Claire prit donc le parti de l’art, contemporain, dont elle devint par la suite une spécialiste. Patentée.

 

Cette toile, contrairement à d’autres, à été peinte rapidement, car clic-clac de l’instantané-photo, suivie de ma pulsion pour reprendre son bleu – une couleur aussi électrique qu’elle – et saluer ce clown-poète en peinture.

 

claire-gilson-photoJe me suis évertuée à redonner le mouvement – pas sûr pour autant d’avoir bien su le rendre – mais je pense toutefois avoir saisi un peu de l’ironie de son œil.

 

 

 

 

 

 

Jeannie Foucaud

jeannie-(2) Pleine de vie, expansive, Jeannie Foucaud est une autre copine de l’atelier Nacinovic.

Au chevalet, blouse tachetée d’une explosion de peinture au point qu’elle semble porter une de ses toiles, peintre appliquée, précise, pointilleuse et l’oeil aux détails, elle se plaint d’être bordélique, ce sont ses propres termes.

En fait, elle se défoule car c’est une bordélique en lutte avec elle-même ; pour peu en effet qu’on aille la visiter chez elle, on découvre que tout y est parfaitement nickel, genre mangeons par terre, c’est propre.

 

Jeannie-photoJe l’aie pas trop mal attrapée, je crois, bien qu’elle ressorte ici un peu plus sombre qu’elle n’est au réel, ses yeux, sa bouche étant en général tout sourire.

 

 

 

 

 

 

Josette Ruiz

Joette-toile

Encore un personnage que Josette Ruiz, ma voisine à Dieulefit. Énergique, infatigable, une déesse Shiva avec une tripotée de bras car elle fait x choses en même temps, court dans tous les sens, n’a peur de rien, à la fois maman pour tout le monde et Manoute-gâteau idéale pour ses petits-enfants. C’est Josette qui m’a fait découvrir les cours de Nadine Nacinovic.

 

J’ai réussi à la faire asseoir une minute, le temps de prendre la photo, pas facile. Son énergie se retrouve, il me semble, dans son portrait, ou elle affiche la souriante sensualité de la méditerranéenne qu’elle est de naissance.

 

 

Nicole Saltet

Nicole-Saltet-toileCalme, sereine, et d’apparence sérieuse – une apparence un peu trompeuse – Nicole est représentée ici dans sa tenue de combat préférée.

Apparence certes trompeuse car, quand on voit ses toiles, un déferlement de teintes, abstraites, fuyant le figuratif, débordantes d’énergie, on se dit qu’elle avance masquée, derrière son pinceau cachant la forêt de sa palette de couleurs.

Nicole-Saltet-photoElle déploie une aura que, pour ma part, je ressens en bleue, aussi bleue que ses yeux clairs. D’où cette dominante dans les gris-bleu où vient s’inscrire la longue et élégante silhouette de cette femme douce et souriante.

 

 

 

 

 

 

 

Régine

Regine-Plummer-toileOn a des natures quand même à l’atelier de peinture, et Régine n’est pas la dernière du genre.

C’est une marrante, de caractère, et une râleuse si le thème du jour, proposé par Nadine Nacinovic, ne lui convient pas. On rigole vraiment avec elle bien qu’elle ait une particularité qui m’énerve : elle parle parfaitement Anglais, car mariée avec un Britannique, et pour moi qui n’Assimil cette langue qu’avec grande difficulté, ça m’en casse le moral.

 

Regine-Plummer-photoCe jour là à l’atelier, la discussion était partie sur Modigliani. Du coup, restant dans l’esprit du Peintre maudit, j’ai tiré sur le tablier que Régine porte au cou et tenté d’approcher les courbes ovales de l’Italo-montparnassien, sans toutefois le suivre – ou pouvoir le suivre – dans la longiligne épure de son style. Une lumière rasante lui arrivait en contre d’où le léger décrochement de sa tignasse sur le fond. Et puis ce sourire, en coin, où l’on peut peut-être retrouver les lèvres, pourpres ou pincées, des toiles de Modigliani.

 

 

Sylvie Drieu

drieu-tableauUne duchesse que ma copine Sylvie Drieu. Je trouve que son portrait est mieux que la photo d’où il est tiré car elle avait le soleil pleine face et cela lui faisait plisser les yeux, la toile efface pour partie ce rictus.

On est dans les bleu-gris, et dans l’épure d’une silhouette longue qui ne fait ici que respecter la grâce longiligne de cette danseuse de métier, aux gestes et au port de duchesse, comme évoqué plus haut, soit en quelque sorte l’élégance en déformation professionnelle (à moins que ce ne soit de naissance et que la danse, pour elle, n’ait été qu’une suite logique d’une grâce innée). Elle s’est mise récemment à la peinture avec tout de suite une aisance, une personnalité étonnante, pour quelqu’un sans pratique antérieure.

Avec la touche de ce sourcil levé qui pimente son oeil, j’ai voulu rendre l’éclair sarcastique que peut avoir son regard. Même avec le soleil dans les yeux.

 

 

 

 

 

Anne Beyens

anne-beyens-toileDans l’atelier peinture de Nadine Nacinovic, on aime à faire des portraits croisés, comprendre tout simplement que l’on se peint les unes les autres. Ici, on a Anne Beyens à son chevalet. Femme de contraste, énergique, déterminée, à la fois douce et pétillante, un volcan under control, Anne n’est pour autant pas fixée dans un style pictural car toujours en recherche. Et elle est très douée. Son énergie se retrouve dans le portrait qu’elle a fait de moi et qui figure juste en-dessous de celui-ci.

 

Outre une tonalité dans les blancs et gris, on retrouve là ma mise en avant de la tête par rapport au buste.

 

 

Carotlne par Anne Beyens

Caroline de Lipowski par Anne Beyens

 

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A une autre séance de pose, Anne est venu avec ses parents en guise de modèles pour tout le monde. Ils sont restés deux heures durant sur un canapé à jouer les statues, disponibles et adorables car la pose était fatigante pour des gens de leur âge. On les retrouve ici, en amoureux, dans le pastel que j’ai esquissé d’eux.

 

 

L’Atelier de Nadine

On évoque beaucoup l’Atelier de Nadine Nacinovic dans ces pages, aussi je tenais à vous présenter, élevés en peinture, mes camarades de classe.

 

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Rangée du haut, de gauche à droite, Nadine Nacinovic en personne, Claire Doussot, Daniel Greuzard, puis moi-même, Caroline, et enfin Claire Parsons ; au premier plan, Jean-Pierre Compère, en charge de la poussette, Régine et enfin Claire Gilson. Tout le monde a la banane, c’est vrai qu’on rigole bien.

 

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Nadine Nacinovic

Nadine-Nacinovic-PortraitJ’ai commis, c’est le cas de le dire, un portrait de Nadine, mais je n’en suis pas satisfaite, donc tant que pas repris, je le cache. Que cela ne vous empêche pas toutefois d’aller voir son très beau travail sur le site Nadine Nacinovic.

 

 

 

 

 

 

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