Histoire à vous couper l’envie d’être pauvre

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L’onirisme du rêve peut m’apporter beaucoup, et ça, c’est valable pour tout le monde et sûrement en particulier pour pas mal d’auteurs.

 

Comme j’en fais le récit au chapitre 1 d’Histoire à vous couper l’envie d’être pauvre, j’ai vraiment rêvé l’intrigue, enfin l’intrigue… disons le postulat principal du casse de la Banque de France puisque c’est l’objectif du malandrin Zoro, le héros (pour ne pas dire anti-héros) de cette aventure. Au réveil, j’ai entrepris de vérifier si mes fantasmes nocturnes tenaient la route ; après analyse, je me suis dit : « Oui, ça se tient, ou du moins ça pourrait fonctionner ».

 

Pour ce qui est du récit proprement dit, je l’ai commencé en 1986 mais, débordé à l’époque par mes activités de productions télé et plié en quatre à la fin de chacune de mes journées, impossible de s’y mettre en écriture de nuit car plus de jus. Donc il m’a fallu quatre étés de vacances pour achever l’histoire — certains camarades se souviendront de l’auteur enfermé par grand soleil tandis qu’eux partaient se baigner ; on est donc en 1990. A partir de là je me mets en quête d’un éditeur, j’envoie le manuscrit dans tous les sens et, trois mois plus tard, c’est les Presses de la Renaissance qui retiennent le roman. Il paraît chez eux en janvier 1991 sous le titre La Grande Boulange, et ce le jour même du début de l’opération Tempête du désert marquant l’invasion de l’Irak de Saddam Hussein par la coalition internationale, en clair La première guerre du Golfe. C’est le genre d’impromptu qui t’aide bien pour la promotion d’un livre, déjà qu’à l’ordinaire les médias n’ont pas beaucoup de place pour les romans, là, c’est clair : « Au-revoir, repassez l’an prochain si vous voulez bien et si le conflit du Golfe ne nous a pas déclenché une troisième guerre mondiale ».

 

 

J’en ai quand même vendu 2 000, avec notamment le soutien en parrainage d’Europe 2. J’apprendrai par la suite que 2 000, pour un premier roman, c’est pas si mal. Bon. Mais quand même pas suffisant car un an plus tard l’éditeur me signifie que les ventes n’iront pas plus loin et qu’il est temps de pilonner, selon le terme de métier, les invendus. « Voulez-vous reprendre les droits ? » me demandent les Presses de la Renaissance, bah évidemment que je veux. Je récupère donc tous les droits et La Grande Boulange s’endort pour un bon gros et long sommeil sur mon étagère.

 

En 2012, je me remets à l’écriture. Passée l’indexation des 200 heures de vidéos et des 10 000 photos que j’ai amassées en quarante ans, naissent tout d’abord du clavier de mon Mac les premiers chapitres de mon webroman Otium. Puis j’époussette la poussière de La Grande Boulange, en exhume le texte d’un disque dur et entreprend de remanier ce roman, de le moderniser en repositionnant son récit dans les années actuelles, d’en changer le titre, reprenant en cela le sous-titre plus accrocheur car paradoxal de La Grande Boulange : Histoire à vous couper l’envie d’être pauvre. Au passage, le héros change de nom pour devenir Stanislas de Zorowski alors qu’il a mon propre nom dans la Grande Boulange. Arrêtons-nous un instant sur cette substitution. La toute première rédaction du roman se fait avec un héros dénommé Jean-Pierre Moreau, mon état-civil de l’époque. Puis je vire Moreau au profit du pseudonyme que je me choisis alors : Jean-Pierre de Lipowski. C’est cette version que je fais lire à mon père (mon troisième père), Stanislas de Lipowski, soit celui qui m’a véritablement élevé. Ce roman signé d’un auteur de Lipowski avec un héros du même nom, aiguillonne Stanislas qui décide alors de reprendre une procédure d’adoption envisagée bien des années plus tôt. Toute la suite de l’affaire est relatée, dans le détail, au chapitre 1991 – Mai, comment je m’appelle ? du présent webroman aussi je n’y reviendrai pas ici, si ce n’est pour rappeler que, inversion des choses, mon pseudonyme devient soudain mon véritable état civil. Étonnant, non ? pour reprendre une formule d’un auteur que nous n’allons pas tarder à évoquer.

 

Stanislas de Lipowski en 1992

 

Plus tard, je délaisse à nouveau Otium pour l’écriture de Louvre Story. S’ensuit tout le travail de recherche d’un éditeur pour ce second roman. Au bout de 6 mois, trois maisons d’éditions se déclarent intéressés, pas des éditions majeures mais des petites boîtes qui ont toutefois l’air très actives. Fort de mon expérience de producteur en matière de droits, j’analyse les contrats qui me sont proposés. Leur rédaction est classique mais les contraintes protéiformes qu’elles incluent me foutent le doute : « Vais-je abandonner l’ensemble de mes droits, littéraires et potentiellement cinéma, au profit d’un tiers, que je ne connais pas et qui va me balancer ça sur le marché, encombré, de l’édition, avec une promo aléatoire, tout ça pour toucher 1 000 ou 2 000 lecteurs avant que le roman ne finisse au pilon ? »

 

Survient un événement particulier. La fille de Pierre Desproges, dont je suis le « parrain professionnel » comme elle aime à dire, reprenant les rênes du patrimoine desprogien après la disparition de sa maman Hélène, fait part au Seuil (éditeur historique de l’humoriste) de son intention de sortir un grand beau livre sur son père. Le Seuil se déclare intéressé (tu m’étonnes, Pierre est un gros vendeur de bouquins) mais, laxisme, ne suit pas l’affaire et ne rappelle jamais Perrine. Les Desproges sont des gens adorables mais il ne faut pas les maltraiter. Perrine s’associe alors avec Cécile Thomas, issue des milieux littéraires, fonde sa propre société, Les Éditions du Courroux, et sort elle-même le livre Desproges par Desproges.

 

Perrine Desproges, gauche cadre, et Cécile Thomas planchant (photo Alexandra Arizanovic)

Gros risque financier au départ car elle est seule, avec ses fonds propres, pour la mise en page, l’impression et la promo d’un ouvrage conséquent. Le jour même de la sortie du livre (octobre 2017), elle est invitée à la Grande Librairie de François Busnel, s’en sort haut la main malgré le trac d’être ainsi projetée en première ligne, face caméras, et, dès le lendemain de l’émission, on sent qu’on s’envole vers un énorme succès. Peu de temps après en effet, son distributeur l’appelle : « Les 30 000 premiers tirages ne vont pas suffire, tout est déjà parti en moins de trois semaines, il faut d’urgence relancer un nouveau tirage ». Je vous dis pas la tête que tire le Seuil, ils viennent de rater un des best sellers de l’année, j’estime en effet que Perrine touchera les 100 000 exemplaires à fin 2018. Pas mal pour une première œuvre d’un auto-éditeur…

 

 

Mon camarade Philippe Pouchain, réalisateur aux côtés d’Yves Riou de trois documentaires Desproges, dont j’étais le producteur exécutif pour leur productrice déléguée Hélène Desproges, a alors l’idée de faire une Journée Desproges dans notre village de la Drôme. Je m’associe à son initiative et, fin novembre 2017, nous bourrons la librairie locale pour une signature du Desproges par Desproges par Perrine et Cécile, suivie d’une projection du film Pierre Desproges, je ne suis pas n’importe qui (des mêmes Riou et Pouchain) à l’espace culturel de la ville qui fait alors salle comble. Entre deux signatures, je discute avec Perrine et Cécile d’auto-édition, une idée qui m’avait  titillée en lisant les contrats des éditeurs mais dont j’avais là, soudain, un exemple patent. Je m’informe ensuite des potentialités, notamment sur la plateforme Amazon, et découvre que l’irruption du numérique dans le domaine de l’édition, accompagnant la montée en force de l’ebook et le développement des liseuses et autres tablettes, a tout bouleversé. Il est désormais — relativement — facile d’être son propre éditeur. Ni une ni deux, je fonce, en me disant que, ex-communiquant, je n’ai de leçon en la matière à recevoir de personne, outre les travaux propres à l’édition elle-même (corrections, mise en page, couverture, impression papier et ebook), je veillerai moi-même à la bonne promotion de mes romans. Et je ferai toujours aussi bien qu’un éditeur, voire mieux. On est alors en janvier 2018 et, en juin, sortent mes deux romans, Histoire à vous couper l’envie d’être pauvre et Louvre Story, auto-édités par mes soins sous mon label Faisons Simple.

 

 

La 4e de couverture

« Partant du postulat qu’en ces temps médiatiques, ceux qui avancent cachés derrière micro et caméra pénètrent partout, Stanislas de Zorowski, dit Zoro, le héros de cette étonnante aventure, s’attaque avec une totale inconscience à la Grande Boulange, autrement dit la Banque de France. Noblesse oblige !

 

Des coulisses de l’Élysée à celles du cinéma, des parkings insalubres aux caves du Trésor, Zoro engage une gigantesque partie de poker aveugle. Il soudoie un fonctionnaire modèle, séduit une ravissante informaticienne, convainc un caïd de coproduire le casse du siècle et caste le comédien Johnny Depp pour jouer le premier rôle de l’histoire, ainsi d’ailleurs que celui de dindon de la farce.

 

La morale, dans cette affaire, le cédant résolument à l’humour, on espère que Zoro parviendra à ses fins. »

 

Voilà pour la 4e de couv’… Certes, la morale est rien moins que sérieusement bousculée dans ce roman, vrai-faux polar où l’on rigole souvent — ce n’est pas moi qui le dis, ce sont mes lecteurs — , ça tombe bien, c’est voulu.

 

Cabu avait eu la gentillesse de signer la couverture de la première édition de 1991, assortie de quelques caricatures de ma personne, dessins qui m’accompagnent toujours. Il va de soi qu’on les retrouve aujourd’hui dans la nouvelle édition.

 

 

« Histoire à vous couper l’envie d’être pauvre » est disponible uniquement en achat en ligne (pas en librairie) sur :

 

Amazon.fr (broché et ebook Kindle)

Kobo.com (ebook)

Mais si vous souhaitez le roman dédicacé par l’auteur – ce qui est quand même le fin du fin – envoyez moi un message via la rubrique « Contact » de ce webroman et je vous indiquerai alors la procédure à suivre.

 

Les Prix

Livre broché : 16 €

Ebook : 5,99 €

 

Coming next : la story de Louvre Story