Préface

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Otium

otiumpostnegotiumVa-t’en savoir où l’on va pécher les choses ? En tout cas ce mot, Otium, terme latin, est arrivé de façon tout à fait opportune à ma connaissance. Otium a différentes significations qui toutes ramènent pour autant à la même chose, c’est un temps libre que l’on va consacrer à la méditation, au loisir mais studieux ; cela signifie aussi retraite du monde par opposition à la vie active qui, chez les Latins, s’appelait negotium (nec-otium). En fait, il n’y a pas d’opposition entre otium et negotium, les deux sont complémentaires car pensées ou réflexions, dans la sphère privée, et actions dans la sphère publique font partie d’un même ensemble nécessaire à la vie des types que nous sommes.

 

En costume de vannier, comme papa...

En costume de vannier,
comme papa…

J’ai débuté ma vie active à quatre ans. A la maternelle, comme tout le monde. Ensuite, j’ai pas arrêté, jamais, de courir ; arrivé à 60 ans et des pouss’, ça te met quand même un demi-siècle de cavalcades au compteur. Mes 25 dernières années de vie sociale ont été consacrées à la production télévision. Ayant soudain l’occasion de quitter ce stress, et n’étant pas maso – on n’a qu’une vie tant qu’on a pas prouvé qu’on peut en avoir plusieurs -, je me suis barré. Dans le sud. Là, j’ai découvert le mot Otium.

 

Mon negotium ne m’ayant que peu laissé le loisir d’écrire, mon otium allait enfin pouvoir compenser. Je me suis donc penché sur les décennies qui venaient de me défiler entre les pattes, et ce avec vertige ou sans. Le vertige, on le sait, n’a pas forcément à voir avec la hauteur du perchoir ; tel événement, vu de loin, te laissera en narrateur amusé, tel autre, peu importe la distance, t’insufflera a posteriori la même adrénaline qu’à l’instant du vécu.

 

D’une façon générale, je suis un misanthrope qui aime bien les gens, comme tous « les misanthropes qui aiment trop l’humanité pour la supporter médiocre » (on attribue cette sentence à Pierre Desproges mais je ne suis pas certain que l’on puisse lui laisser cette paternité ; si vous avez d’autres sources, écrivez-moi, je corrigerai). Partant de cette misanthropie paradoxale, j’ai pas à me forcer, c’est dans ma nature, je fais en sorte que les gens ne s’emmerdent pas à me lire. En tout cas, j’essaye.

 

Ce site Otium est au final un roman moderne, au sens où il profite sans vergogne de la puissance du numérique pour ajouter des images au texte (on économise 1000 mots à chaque fois, si l’on en croit le photographe Confucius). Il est écrit selon l’humeur du jour, je passe en effet allégrement d’une histoire se déroulant en 1963 à une autre datant de 1988 ; après, c’est la mécanique automatique du site qui se démerde pour te recaler les choses dans l’ordre chronologique.

 

Couverture Grande Boulange 2On m’a demandé : « Mais pour quels lecteurs ? ». Alors ça, comment dire…? je m’en tamponne un peu. Quand on écrit, on a toujours un peu le réflexe de penser à celui qui va lire ; avec l’âge, il semble que cette contorsion de l’esprit me soit passée. Tu écris un roman, un scénario, il y a un enjeu : celui d’être édité, de rencontrer un public. Otium n’a aucun enjeu, si ce n’est peut-être de raconter des histoires, avec ma vérité, et de faire en sorte que les gens s’amusent à les lire.

 

Un mot explicatif sur le sous-titre de ce site « Le roman-photo idéal du facteur Lipo » : comme sûrement la plupart des gens découvrant le Palais Idéal du facteur Cheval (Hauterives, Drôme), j’ai été éberlué par la folie artistique de ce type qui, pierres après pierres ramassées sur le chemin de ses distributions de courriers, a construit une folie, c’est le cas de le dire, improbable. Les épisodes de nos vies, pour peu qu’on sache ensuite les assembler, sont autant de pierres qui peuvent élever le palais baroque de notre existence. Otium, au bout du compte, c’est ça, une sorte d’art brut, d’où ce coup de chapeau au facteur Cheval.

Le Palais du facteur Cheval

Le Palais du facteur Cheval

En fait, y a un truc qui pousse à écrire, que l’on soit Victor Hugo ou un trouduc dans mon genre. Dire écrire est restrictif, au réel, ça peut être n’importe quelle forme de création, de l’art au scientifique en passant par ce que tu veux. Nous sommes fondamentalement, génétiquement, programmés pour ça. Programmés au sens informatique. Programmés pour se reproduire et pour transmettre un message, un patrimoine, un acquis.

 

Albert Einstein ? Costaud.

Albert Einstein ? Costaud.

Certes, on peut se poser la question de la qualité de la transmission… Vu avec le recul, on peut effectivement douter de la valeur de certains messages, celui d’Hitler étant quand même fort différent de celui d’Einstein… Les esprits chagrins diront qu’à l’arrivée, d’un côté comme de l’autre, ça finit quand même par des bombes.

 

La transmission de l’héritage… Les matérialistes s’attacheront à transmettre un pactole à leurs rejetons, en espérant, à tort ou à raison, qu’ils feront mieux qu’eux par la suite ; les autres (les spiritualistes, les poètes ? je ne sais pas comment cataloguer ces autres) s’appliqueront à transmettre leur vision du monde. Comme on est de bonne volonté, on espère transmettre une juste vision des choses à nos enfants, la lucidité nous disant en même temps qu’on peut plus ou moins se gourer dans le discours.

 

La famille Lipo (photo Jean-Luc Bouchart)

La famille Lipo (photo Jean-Luc Bouchart)

Au final, je me dis que ce roman-photo ici présent, cet Otium, est une transmission, au premier chef, à mes enfants. En coproduction avec Caroline, ma compagne, j’en ai fait deux. Ils connaissent pour partie nombre d’histoires que l’on va retrouver ici, mais là, ils vont avoir le détail, l’aide-mémoire, par écrit, la transmission orale c’est bien mais j’ai un peu plus confiance à ce qui est gravé dans le marbre. Pour l’heure, car même le marbre finit pas se déliter.

 

 

Mode d’emploi

Un mot sur la navigation – plus que simple – dans le site :

 

Dans les rubriques Décennies, on trouve mes histoires, qui sont donc autant de chapitres de ce roman-photo. Ne figurent que les décennies pour lesquelles, à cette heure, existe au moins une histoire. Pour découvrir lesdites histoires, on clique sur une décennie et ça se déroule.

Essaie donc de me piquer mon titre, toi !

Essaie donc de me piquer mon titre, toi !

 

Le menu Tentatives regroupe des réflexions intemporelles (sinon elles seraient en décennies) sur des thèmes divers. En fait, je voulais appeler ça Essais mais un certain Montaigne a déjà déposé le titre.

 

Juste après cette préface, nous avons le Sommaire. On y trouve l’annonce des épisodes à venir et la nomenclature de ceux déjà écrits. On a donc le choix entre découvrir les choses dans leur chronologie ou picorer ici ou là fonction de son appétit.

 

Vous voulez voir une photo en grand, vous cliquez dessus ; vous voulez quitter cette photo et revenir à la page, vous re-cliquez dessus. Vous voulez revenir en haut de page, vous avez une flèche à droite qui vous y ramène.

 

L’espace Recherche : vous voulez savoir si Lipo a eu l’effronterie de vous citer ? Vous y tapez votre nom (ou votre prénom…), vous avez la réponse.

 

Cet Otium est vraiment conçu comme un roman audio-visuel ; si toutefois vous ne supportez pas la lecture à l’écran, vous avez une solution toute bête : imprimer le chapitre de votre choix (en préférant l’outil print – icône en tête des pages – car le formatage d’impression sera bien meilleur) ; ce nonobstant, et bien que préservant les photos, vous n’aurez plus le bénéfice de l’audio et du visuel, en l’occurrence les extraits son et les vidéos, qui ne fonctionnent bien sûr que sur le site (et vous perdrez beaucoup…).

 

Ce webroman Otium devient aussi un multiplexe puisqu’on y retrouve désormais une salle de cinéma (présentant en séance permanente le grand film d’aventures Les Lipowski Aussie) et un lieu d’expo offrant des oeuvres de la peintre Caroline de LipowskiTout ça pour le même prix.

 

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Nota bene : ne cherchez pas la zone de Commentaires, il n’y en a pas. Il n’y en a pas car je n’en veux pas, on n’est pas ici dans cette frénésie ès sondages qui appelle à ton commentaire dès que tu acquiers quelque chose sur Internet. Si certains veulent me faire part de leur admiration et/ou me signaler une faute d’orthographe ou de froppe, ils ont l’espace Contact pour se faire (et/ou Facebook pour faire connaître à vos « amis » cette expérience d’écriture qu’est Otium).

 

Et que voilà, bon voyage sur nos lignes !

 

JPL

 

PS sur la chasse aux bogue : on en a un, pour l’instant, qu’avec le web master qui m’aide à développer le site, on ne parvient pas à résoudre. Vous risquez parfois de rencontrer du texte qui déborde sur les photos ; dans ce cas là, c’est simple, vous rafraichissez la page (control + R, pour windows, pomme + R sous Mac) et tout rentre dans l’ordre, photo d’un côté, texte de l’autre.

 

Pour suivre : le Sommaire